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22 novembre 2009 7:45 PM GMT
05/11/2009 - FINANCE

AFP - La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi sans surprise avoir décidé de garder ses taux directeurs inchangés, sur fonds de reprise économique hésitante en zone euro.
  
Le principal taux de refinancement, baromètre du crédit dans les seize pays de la zone euro, reste donc à 1%, un niveau historiquement bas qu'il occupe depuis mai.
  
La veille, la Réserve fédérale américaine a également laissé son principal taux inchangé. La Banque d'Angleterre (BoE) a fait de même jeudi, mais a parallèlement augmenté de 25 milliards à 200 milliards de livres son programme de rachat d'actifs visant à soutenir l'économie.
  
Le président de la BCE Jean-Claude Trichet devait expliquer la décision du conseil des gouverneurs de l'institution de Francfort dans une conférence de presse prévue à 13H30 GMT. Il devrait répéter que le niveau des taux reste "approprié", le mot-clé du moment, selon les économistes.
  
La poursuite du statu quo ne faisait guère de doute, la reprise économique restant fébrile en zone euro car essentiellement portée par les plans de soutien gouvernementaux.
  
"L'activité économique est clairement soumise à des risques. Après le rebond attendu du troisième trimestre, elle va s'affaiblir de nouveau à moyen terme avec la disparition progressive des soutiens" publics, estime Cédric Thellier, économiste chez Natixis.
  
La force actuelle de l'euro, dommageable aux exportations, ou encore la faiblesse du crédit sont autant de risques qui parlent en faveur d'un maintien des taux à leur niveau actuel pendant de longs mois.
  
M. Trichet "pourrait réitérer ses mises en garde contre un euro fort", estime Jennifer McKeown de Capital Economics.
  
L'évolution de la consommation des ménages reste aussi une grande inconnue, alors que le chômage est appelé à augmenter jusqu'en 2010. "Une autre raison pour la BCE de rester prudente, en dépit de récents indicateurs de confiance meilleurs que prévu", estime Gilles Moec de Deutsche Bank.
  
En revanche, l'inflation n'est pas un sujet de préoccupation. Après s'être contractés pendant cinq mois d'affilée, les prix à la consommation devraient doucement se remettre à augmenter en novembre sur un an.
  
Et leur augmentation devrait rester en moyenne bien inférieure à la limite fixée par la BCE, soit un taux proche de 2% mais inférieur à ce chiffre jusqu'en 2011, estiment la plupart des experts.
  
"Dans un tel contexte, le scénario d'un long statu quo sur les taux est le plus probable", juge l'économiste de Natixis, résumant l'avis général.
  
A l'évidence, la BCE "est très à l'aise actuellement dans sa position de +wait and see+", estime Carsten Brzeski de la banque ING.
  
Jean-Claude Trichet va probablement attendre décembre avant de donner des indices sur le cap que prendra la politique monétaire européenne dans les mois à venir et sur le retrait progressif des mesures de soutien exceptionnelles mises en place pour les banques.

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